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Faut-il un local commercial pour lancer son activité de courtier en travaux ?

Une question se pose assez rapidement lorsqu’on veut lancer son activité de courtage en travaux : Est-il nécessaire de disposer d’un local commercial ou d’une vitrine ? D’aucun pourrait penser que cela permettrait non seulement de gagner en visibilité et donc en clientèle… Certains courtier en travaux franchisés ont fait le choix (ou bien leur franchise l’a fait pour eux) d’implanter leur bureau le long d’une rue passante afin de proposer un service de proximité. Vérifions ensemble les avantages et les inconvénients d’un tel choix :

Avantages d’un local commercial :

  1. Une vitrine commerciale intéressante : Il est certain qu’une enseigne visible de la rue représente un support de communication efficace. Les passants et les automobilistes repèrent facilement l’agence du courtier en travaux. Une présence physique facilite la rencontre et le questionnement. Pour certaines personnes, il sera plus facile de pousser la porte d’un magasin que de consulter internet. Le contact humain permet alors de rentrer plus rapidement dans une relation de confiance. Une vitrine commerciale attire donc des clients que l’on n’obtiendrait pas autrement.
  2. Une manière de faire connaître le métier de courtier en travaux : Aujourd’hui, cette profession est encore méconnue. Une enseigne ou une vitrine commerciale contribuent grandement à vulgariser le nom de ce métier. Tout le monde connaît les architectes ou les maitres d’œuvre, mais peu de gens ont entendu parler des “courtiers en travaux”. Aussi, indépendamment d’un bénéfice commercial immédiat, la présence d’un local commercial présente un gros bénéfice en termes de communication.
  3. Un placement immobilier judicieux : Selon la structure juridique de l’entreprise de courtage en travaux, un investissement immobilier peut s’avérer très judicieux au plan comptable. Le patrimoine acquis constitue une “immobilisation” et permet de payer moins d’impôts sur les sociétés (IS). Mais, cet avantage ne peut s’appliquer si la structure juridique est une auto-entreprise.

Inconvénients d’un local commercial :

  1. Une contrainte de présence pas facile à gérer : Le courtier en travaux AMO passe plus de 50% de son temps “sur le terrain”, c’est à dire chez les clients ou sur les chantiers. Si l’on utilise un local commercial, il faut bien communiquer sur les jours et horaires d’ouverture et s’y tenir. Cela pourra être très contraignant dans certains cas. Ou alors, il faut assez rapidement envisager d’embaucher une personne qui fera l’accueil du public. L’autre moitié de son temps est effectivement consacré à du travail de bureau (sollicitation des devis, estimatifs budgétaires, rédaction de compte rendu, relances téléphoniques…). Tout cela peut effectivement se faire assis derrière une table avec son ordinateur. Mais, il faudra aussi dès lors accepter de se faire “déranger” par des visites impromptues de personnes qui poussent la porte du local commercial.
  2. Une mise de fonds importante au lancement d’une activité : Pour une personne qui se lance, l’investissement dans un local commercial représente une somme importante, surtout si l’on achète ce bien immobilier. Et, même en cas de simple location (bail commercial), il faudra donc payer un loyer mensuel de 300 à 500 euros, voire bien davantage selon l’emplacement de ce bureau. Il faut donc bien mesurer si le jeu en vaut la chandelle : une étude financière préalable s’impose.
  3. Un impact possible sur le seuil de publication des comptes annuels : Pour des raisons de confidentialité, on peut vouloir la non publication du bilan, du chiffre d’affaire ou du compte de résultat. Un investissement immobilier bien inévitablement gonfler la comptabilité de l’entreprise. Or, seules les sociétés qui entrent dans la catégorie des micro-entreprises ou des petites entreprises peuvent demander à ce que leurs comptes ne soient pas rendus publics. (NB. Ces appellations n’ont rien à voir avec celui de l’auto-entreprise. C’est une terminologie propre au tribunal de commerce). Pour les sociétés qui n’entrent pas dans la catégorie des micro-entreprises mais qui entrent dans la catégorie des petites entreprises, la confidentialité se limite au compte de résultat. Une micro-entreprise (selon la nomenclature du tribunal) est une société qui ne dépasse pas, à la clôture d’un exercice, deux des trois seuils suivants : Total du bilan : 350 000 €, Chiffre d’affaires net hors taxes : 700 000 €, Nombre moyen de salariés : 10. Pour aller plus loin sur cette question, consultez le site https://www.lecoindesentrepreneurs.fr/non-publication-des-comptes/

Conclusion

Etant donné que le métier de courtier en travaux AMO est essentiellement un métier de terrain, un local commercial ne paraît pas prioritaire. Les rencontres clients se font à domicile sur le lieu-même du projet de rénovation. Rappelons que 95% des projets d’accompagnement concernent de la rénovation / extension. Le courtier en travaux AMO est très peu sollicité pour de la maison neuve : Spontanément, les gens vont s’adresser à un architecte ou un maitre d’œuvre pour ce type de projet.

De plus, près de la moitié des courtiers qui se lancent choisissent le structure juridique de la micro-entreprise (auto-entrepreneurs). Ce choix permet de bénéficier d’une comptabilité simplifiée. Dans ce cas de figure, louer un local commercial n’est pas du tout une bonne option comptable. Par contre, au bout de quelques années, lorsque le chiffre d’affaire de l’entreprise dépasse les 72 000 euros annuel, le changement de statuts juridiques sera obligatoire. Le basculement en SAS ou SARL, par exemple, soulèvera alors la question judicieuse d’un investissement immobilier.

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